Un photographe immortalisé

YVERDON-LES-BAINS / 17 novembre 2016 – Les amis du photographe ont décidé de perpétuer son oeuvre et de mettre en valeur ses dizaines de milliers de diapositives, qui constituent un véritable trésor. Son appartement restera un lieu de vie.

Maximilien Bruggmann a ramené de magnifiques images du Sahara et l'exposition de Montpellier y est consacrée.

Maximilien Bruggmann a ramené de magnifiques images du Sahara et l’exposition de Montpellier y est consacrée.

L’Association des Amis de Maximilien Bruggmann s’active depuis que les derniers honneurs ont été rendus, le 23 septembre dernier, à cette grande étoile yverdonnoise de la photographie, née dans l’Entlebuch lucernois, et qui a laissé derrière lui des dizaines de milliers d’extraordinaires images rapportées de ses incessants voyages, missions et aventures aux quatre coins du monde. Des témoignages d’une grande richesse, qu’on peut voir en partie dans plus d’une cinquantaine de livres, dont certains se trouvent à la Bibliothèque d’Yverdon, à laquelle Maximilien les avait remis.

Maximilien Bruggmann avec son livre sur l'art rupestre (4kg100 !)

Maximilien Bruggmann avec son livre sur l’art rupestre (4kg100 !)

Sous la présidence d’Alex Décotte, le journaliste et ancien animateur de la TV romande, qui a fait en son temps plusieurs reportages avec lui, un groupe s’est mis au travail pour perpétuer son oeuvre, qui constitue un véritable trésor et dont la valeur est inestimable. Elle témoigne en effet d’un monde qui disparaît un peu plus chaque jour sous le poids du tourisme, des guerres, de l’uniformisation et d’internet. Certaines des gravures rupestres qui dorment aujourd’hui dans ses tiroirs n’existent plus, ont été saccagées ou englouties, ou ne sont plus accessibles du fait de conflits sans fin.

Dans les années soixante, Maximilien Bruggmann au Sahara avec sonc célèbre Hasselblad.

Poursuivre la numérisation

Ses diapositives sont doublement uniques. Dans leur contenu, mais aussi dans leur rareté. Il n’existe qu’un exemplaire de chacune. « Pour que survivent ces merveilles, il faut les sauvegarder dans le monde virtuel d’internet et de l’informatique, indique Alex Décotte. Ainsi, grâce à l’engagement de Christian Chédel, ami de Maximilien et propriétaire de l’immeuble dans lequel il vivait à Yverdon, son appartement restera un lieu de vie familiale, de travail et de mémoire. C’est là que le groupe d’amis poursuivra la numérisation des photos à laquelle Maximilien s’était attelé avec moi, et fera en sorte que son oeuvre soit davantage reconnue, en Suisse comme à l’étranger ». Peter, le frère de Maximilien qui vit au Pérou et viendra passer chaque année quelques mois en Suisse, fait partie de ce groupe, qui s’est réuni samedi dernier et a déjà fixé certains objectifs.

Le photographe Maximilien Bruggmann en train de scanner ses photos.

Le photographe Maximilien Bruggmann en train de scanner ses photos.

Exposition à Montpellier

Dans l’immédiat, trois mois après le décès de Maximilien Bruggmann, une exposition s’intitulant « Sahara » sera inaugurée ce prochain samedi 19 novembre (17h30) au Musée saharien du Crès (près de Montpellier). Elle a été préparée par Alex Décotte et Jean-Claude Bourgeon. Ce dernier a partagé plusieurs missions dans cette région avec Maximilien Bruggmann, qui en a justement ramené des clichés magnifiques. Le vernissage sera suivi de la projection de son film « Ombres bleues du Tassili ». Et d’autres événements sont déjà prévus en 2017.

Roger Juillerat

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Lire ou télécharger l’article publié le 17 novembre 2016 dans La Région / Nord vaudois…

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